Comment faire tenir cinq interviews dans une vidéo de deux minutes ?
InterviewPublié le 19 octobre 20264 min de lecture
La réponse courte
En triant avant de couper. On sélectionne les idées fortes de chaque intervenant, on les regroupe par thème, puis on monte en parallèle : une phrase lancée par l’un, la suivante complétée par un autre. Les interviews tournées séparément deviennent un seul discours, clair et rythmé, que l’on suit en deux minutes.

- Le point de départ
- Cinq interviews de DSI de grands groupes, dont la RATP
- La matière
- Plusieurs dizaines de minutes d’échanges
- Le tournage
- Deux caméras, dans un espace limité pour la lumière
- Le montage
- Les idées regroupées par thème, montées en parallèle
- Le film
- 2 min 2 s, pour le web et un usage institutionnel
Pourquoi réunir plusieurs interviews en une seule vidéo ?
Parce qu’un message commun porte plus loin qu’une suite de portraits. Mis bout à bout, cinq témoignages font une longue vidéo où chacun redit à sa manière ce que l’autre vient de dire. Réunis en un seul discours, ils montrent ce que les intervenants pensent ensemble, et c’est ce message commun que le public retient.
C’était la demande du Club Décision DSI. Lors d’un événement consacré à l’intelligence artificielle, nous avons interviewé cinq DSI issus de grands groupes, dont la RATP. Chacun s’exprimait longuement sur l’usage de l’IA dans son métier, avec ses exemples et ses mots.
L’enjeu était de condenser plusieurs dizaines de minutes d’échanges en un format très court, clair et cohérent. Trois objectifs guidaient le travail : extraire les idées fortes de chaque intervenant, identifier les points communs entre les prises de parole, et produire une vidéo courte, rythmée et structurée autour d’un message commun sur l’IA au service des DSI.

Comment filmer des interviews que l’on montera ensemble ?
En pensant au montage dès le tournage. Nous avons filmé les interviews à deux caméras : le montage gagne en souplesse, et l’alternance des cadres apporte de la variation à l’image, même quand l’intervenant reste assis à la même place.
La deuxième caméra sert aussi les raccords. Quand une phrase passe d’un intervenant à un autre, un changement de cadre aide le spectateur à suivre le fil sans buter sur la coupe. Sans elle, le montage aurait dû se contenter d’un seul plan par intervenant.
Le lieu imposait ses contraintes. L’événement se tenait dans un environnement dense, avec peu d’espace pour installer la lumière. Les axes des caméras ont donc été choisis avec précision, pour maîtriser le fond, le bruit visuel et l’éclairage. Chaque interview a été tournée séparément : c’est au montage qu’elles allaient se répondre.

Que préparer avant les interviews pour faciliter ce montage ?
Des questions communes et des réponses qui se comprennent seules. Pour que des interviews se répondent au montage, mieux vaut poser à chaque intervenant les mêmes questions, dans le même ordre : leurs réponses parleront des mêmes sujets, et le regroupement par thème en sera facilité.
Demandez aussi des phrases complètes. Une réponse qui commence par « oui, tout à fait » ne peut pas s’enchaîner avec la phrase d’un autre ; une réponse qui reprend le sujet de la question, si. C’est ce qui permet ensuite de lancer une idée avec une voix et de la terminer avec une autre.
Enfin, gardez une image et un son proches d’une interview à l’autre : une échelle de cadre voisine, un fond de même nature, une voix captée au plus près. Au montage, ces raccords discrets font oublier que les intervenants n’étaient pas dans la même pièce au même moment.
Voici les points à vérifier avant le premier tournage.
- Les mêmes questions pour chaque intervenant
- Des réponses en phrases complètes, qui reprennent le sujet
- Un cadre et un fond proches d’une interview à l’autre
- Une voix captée au plus près de chaque intervenant
- Deux caméras, pour varier les cadres au montage
Comment choisir ce que l’on garde ?
On garde les arguments clés, puis seulement ceux qui se répondent. Le travail principal de ce type de vidéo se fait en post-production, et il commence par la sélection des arguments clés de chaque intervenant, ceux qui disent quelque chose que les autres ne disent pas, ou le disent mieux.
Vient ensuite la recherche des points communs. Quels sujets reviennent d’une prise de parole à l’autre, où les intervenants se rejoignent, où ils se complètent : ces points communs dessinent le plan de la vidéo. Un argument fort mais isolé, que personne ne prolonge, trouve plus difficilement sa place dans un discours collectif.
Les arguments retenus sont enfin regroupés par thème. Chaque thème devient un temps de la vidéo, porté par plusieurs voix. Voici la méthode, étape par étape.
- Sélectionner les arguments clés de chaque intervenant
- Repérer les points communs entre les prises de parole
- Regrouper les arguments retenus par thème
- Monter en parallèle : une phrase lancée par l’un, la suivante complétée par un autre
- Resserrer jusqu’à une vidéo courte, rythmée et structurée
Comment relier des interviews tournées séparément ?
Par un montage en parallèle. Une phrase débute avec un intervenant, la suivante est complétée par un autre : les prises de parole s’enchaînent et donnent l’impression d’un discours unique, porté collectivement.
Pour le Club Décision DSI, ce principe a transformé cinq prises de parole distinctes en un message commun, structuré et dynamique. Le spectateur ne suit plus cinq personnes l’une après l’autre : il suit une idée, que plusieurs voix font avancer.
Ce montage demande des raccords précis. Le sens de chaque phrase doit rester celui que son auteur lui a donné, et le passage d’une voix à l’autre doit sembler naturel. C’est là que les deux caméras du tournage et le soin porté au fond de chaque cadre prennent toute leur valeur.
Le rythme se règle en dernier. Quelques secondes de trop par phrase, multipliées par cinq intervenants, et la vidéo dépasse vite son format : chaque coupe se joue alors à la respiration près.
Côté délais, la post-production d’un format court demande en moyenne une semaine. Elle varie selon la durée du film, le nombre d’allers-retours et le niveau de finition demandé.
Regarder la vidéo du Club Décision DSI
Le résultat : une vidéo courte où cinq intervenants portent un même message sur l’IA dans le métier de DSI. La voici en entier : « L’IA au cœur du métier de DSI », 2 minutes et 2 secondes, pour une diffusion sur le web comme pour un usage institutionnel.
Écoutez comment une phrase commencée par un intervenant se termine dans la bouche d’un autre, et comment les thèmes s’enchaînent sans jamais revenir en arrière.
Questions fréquentes
Il n’y a pas de règle fixe. Pour le Club Décision DSI, plusieurs dizaines de minutes d’échanges avec cinq intervenants ont donné une vidéo de 2 minutes et 2 secondes. Plus la matière est riche, plus la sélection compte : c’est elle qui fait la clarté du film.
C’est ce que nous faisons quand le montage doit relier plusieurs intervenants : la double caméra facilite le montage et apporte de la variation dans les cadres. Les interviews du Club Décision DSI ont été tournées ainsi.
Pour un format court, il faut en moyenne une semaine. Les délais varient selon la durée du film, le nombre d’allers-retours et le niveau de finition demandé.
Oui. Nous pouvons monter en direct pendant le tournage, au mélangeur, puis finaliser la vidéo dans la journée. Pour « Actualités économiques financières », une interview à quatre caméras tournée dans les bureaux de CARAC, la vidéo, sous-titrée et étalonnée, a été livrée le jour même. Pour un format court comme le teaser « Cap sur la performance », le montage a été livré le lendemain du tournage.
Cela dépend de l’ampleur du projet. Une interview simple peut être organisée en quelques jours. Une production plus structurée nécessite généralement plusieurs semaines de préparation.


