Qu’est-ce qu’un aftermovie, et comment le réussir ?

CaptationPublié le 19 octobre 20264 min de lecture

La réponse courte

Un aftermovie est un film court, tourné pendant un événement et monté après coup, qui en restitue l’ambiance à ceux qui y étaient comme à ceux qui l’ont manqué. Pour le réussir, il faut filmer au plus près du public sans interrompre l’événement, et donner au montage le rythme de l’événement lui-même.

Vincent GarreauDirecteur de production

Interview assise dans la galerie, devant une œuvre et un bouquet de lys, lors du vernissage Kim Cruz
Extrait du film « Vernissage Kim Cruz », réalisé pour Galerie Hoang Beli.
Ce que c’est
Un film court qui restitue l’ambiance d’un événement, après coup
Le dispositif
Une ou deux caméras, portées au plus près du public, sans gêner l’événement
Le rythme
Celui de l’événement : lent pour un vernissage, plus vif pour une fête
L’interview
La parole de l’artiste ou de l’organisateur, qui donne un fil au film
Le film
« Vernissage Kim Cruz », 6 min 26 s, l’aftermovie et l’interview de l’artiste

Qu’est-ce qu’un aftermovie ?

C’est un film court, tourné pendant un événement et monté après coup, qui en restitue l’ambiance. Il s’adresse à ceux qui y étaient, pour qui il prolonge le souvenir, et à ceux qui l’ont manqué, à qui il donne envie de venir la prochaine fois.

Pour l’organisateur, c’est un contenu qui dure plus longtemps que l’événement : il se publie sur le site et sur les réseaux sociaux, et il aide à annoncer l’édition suivante. Les livrables peuvent d’ailleurs être déclinés selon les supports, du site web aux réseaux sociaux.

Le mot évoque souvent les festivals, avec un montage rapide et beaucoup de musique. Mais un aftermovie peut prendre bien d’autres formes : pour « La Fête de l’Ours », Maison Météore voulait restituer une expérience immersive, à la fois narrative et sensorielle, et le film suit le parcours des visiteurs du début à la fin.

Quel rythme choisir pour un aftermovie ?

Celui de l’événement. Une fête appelle un montage vif ; un vernissage, un rythme plus lent, qui laisse le temps de regarder les œuvres. Mieux vaut éviter de plaquer les codes d’un format sur un événement qui ne leur ressemble pas.

Pour la collection WG11 de Stephan Bach, présentée à la galerie Hoang Beli, le film devait rendre l’ambiance de la soirée sans reprendre les codes de l’aftermovie classique, souvent trop rythmé pour un événement artistique. Il a été monté presque entièrement en noir et blanc, et tourné en grande partie au ralenti : le cuir d’un pantalon, une chemise blanche sur son cintre, une invitée qui photographie la collection avec son téléphone.

Le montage évite les effets rapides et garde un rythme lent. Le résultat : un film d’une minute trente-deux qui montre la collection WG11 comme on la découvrait ce soir-là.

Visiteuse photographiant la collection avec son téléphone lors du vernissage Stephan Bach, en noir et blanc
Une invitée photographie la collection, filmée au ralenti et en noir et blanc. Image du film « Stephan Bach WG11 collection ».

Comment filmer un événement sans gêner les invités ?

Avec une équipe légère, au plus près du public. Une ou deux caméras portées suffisent, et elles suivent l’événement au lieu de l’interrompre.

Le soir du vernissage d’« Une chambre à soi », l’exposition de Kim Cruz, la galerie était pleine : des invités en mouvement entre les œuvres, et peu de recul pour la caméra. Le film suit la soirée sans l’interrompre, en grande partie au ralenti : les invités qui discutent un verre à la main, les grands portraits en noir et blanc accrochés aux murs, une table où sont posés un appareil photo instantané, des tirages et un livre.

Pour la collection WG11 aussi, l’espace était restreint et le public circulait sans cesse. Dans ces conditions, le repérage compte : connaître à l’avance le lieu et le parcours du public permet de préparer les cadres, et de savoir où se placer quand la salle se remplit.

Faut-il ajouter une interview à l’aftermovie ?

Souvent, oui : la parole de l’artiste ou de l’organisateur donne un fil au film. Pour les vernissages de la galerie Hoang Beli, l’interview de l’artiste a été filmée dans la galerie, puis illustrée par des plans des œuvres.

Kim Cruz a été interviewée assise, près d’un bouquet de lys, devant une œuvre de l’exposition, en plan large et en plans serrés : un profil, des mains jointes. L’étalonnage a ensuite rapproché les images de la soirée, plus sombres, de celles de l’interview, pour que le film reste d’un seul tenant.

L’interview ouvre aussi un second usage : pour la collection WG11, le film forme un contenu double, que la galerie comme l’artiste peuvent utiliser pour leur communication.

Plan rapproché d'une interview assise lors du vernissage Kim Cruz, mains jointes et montre au poignet
L’interview de Kim Cruz, en plans serrés. Image du film « Vernissage Kim Cruz ».

Que préparer avant l’événement ?

Quelques informations suffisent, mais mieux vaut les réunir avant le jour de l’événement. Voici la liste à vérifier avec l’équipe qui filmera.

Prévenir les invités qu’un film est tourné pendant la soirée est aussi une bonne pratique : un mot sur l’invitation ou à l’entrée suffit.

Le plus utile est souvent de désigner une personne de référence pendant l’événement : elle connaît le programme, signale les moments à ne pas manquer et présente l’équipe aux intervenants. Le jour venu, cela évite de chercher les bonnes personnes au milieu des invités.

  • Le programme de l’événement et ses moments clés
  • Le lieu et le parcours du public, à repérer avant l’ouverture
  • La personne à interviewer, et un coin calme pour l’interview
  • Les supports de diffusion : le site, les réseaux sociaux, les formats verticaux
  • La date à laquelle le film doit être en ligne

En combien de temps reçoit-on l’aftermovie ?

Pour un format court, il faut en moyenne une semaine de post-production : le montage, l’étalonnage et le mixage, avec un son travaillé à partir des ambiances réelles du lieu. Les délais varient selon la durée du film, le nombre d’allers-retours et le niveau de finition demandé.

Quand l’événement doit vivre tout de suite sur les réseaux, on peut aller plus vite : pour les coulisses du défilé Istituto Marangoni, la vidéo a été livrée dans un délai court, puis diffusée directement par Atlas of Show sur ses réseaux.

Mieux vaut donc décider à l’avance de la date de mise en ligne, et prévoir dès le départ une version courte pour les réseaux sociaux : un aftermovie publié vite prolonge l’événement, alors qu’un film qui arrive trop tard a perdu une partie de son public.

Regarder le vernissage de Kim Cruz

Un film de 6 minutes 26 qui retrace le vernissage d’« Une chambre à soi » et donne la parole à l’artiste : une interview claire, illustrée par les œuvres exposées.

On y retrouve ce que décrit cet article : un public filmé sans être dérangé, un rythme lent, fidèle à la soirée, et une interview qui donne un fil au film.

Le voici en entier : « Vernissage Kim Cruz ».

Questions fréquentes

Il n’y a pas de durée unique : tout dépend de ce qu’il contient. Le film du vernissage de la collection WG11 dure 1 minute 32 ; celui du vernissage de Kim Cruz, qui donne longuement la parole à l’artiste, 6 minutes 26.